Entre les deux guerres.... http://droledeguerre.free.fr/

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Le 2 février 1920, je suis affecté au 8ème régiment d'infanterie à Calais, comme Sous-Lieutenant de réserve.

Le 21 septembre 1924, je suis promu Lieutenant.

En 1928, étant instituteur à Bezinghem, j'ai reçu une circulaire m'informant de la création de cours de perfectionnement à St Pol-sur-Ternoise (ville connue en 1915), avec l'invitation à les suivre.

Dés 1929, alors que j'exerçais mes fonction d'instituteur à Beussent, j'ai participé aux cours donnés à Montreuil-sur-mer & Berck. Je m'y rendais en compagnie de Maurice Vanrobais, d'Inxent, officier de réserve d'artillerie.

En 1934, j'ai été convoqué pour une période du 17 au 22 septembre au camp de Chalons à Mourmelon. Nous étions 24 "éléves" originaires de toutes les régions militaires de France.
J'y ai reçu une instruction sur la mitrailleuse jumelée 13/2 - contre avion, une arme nouvelle. Elle devra être mise en service dès la formation de la D.A.T. (défense aérienne du territoire).
J'étais devenu mitrailleur, titre que j'avais reçu en décembre 1914 au camp de la courtine et resté sans effet au cours de la "grande guerre" 14-18. On avait sans doute relevé cette qualité dans mes états de service.
Bref à l'époque (1934), j'étais loin de penser que je mettrais un jour mes connaissances à exécution (ce fut le cas en mai 1940 pour la défense de Boulogne, à la Tour d'Odre).


En 1935, de collaboration avec le capitaine de gendarmerie Pruvot de Montreuil, j'ai dirigé le cours de sous-officiers du canton d'Hucqueliers.

De même en 1936 jusqu'à mon départ en septembre de cette année comme directeur d'école à Auchy-les-Hesdin.

J'y suis sollicité par le dit capitaine pour participer aux cours de sous-officier du canton de la garde mobil.

A ces cours qui se font à la caserne des gardes à hesdin. J'y vois des sous-officiers de reserve d'Auchy... /Tillette /Boulanger /Hurtrel.

En 1937, je suis convoqué au camp de SISSONNE pour une période du 6 au 15 septembre avec le 110ème R.I. de Dunkerque qui s'y rendait .Il y avait dans ce camp près de 45.000 hommes réservistes. C'était la premiêre fois qu'une semblable concentration de troupes se réalisait depuis 1919.

Etait-ce un signe de préparation à un nouveau conflit? ......L'avenir le prouvera!

Dés mon arrivée, je reçois le commandement d'une section de mitrailleuses. Au cours de la première manoeuvre, je fais la connaissance du collégue Gaston Demailly, un boulonnais, avec le grade de commandant, chef du bataillon dont je fais partie.
Je le retrouverai en 1939, à Dunkerque, puis je l'apercevrai à Mayence, dans une colonne de prisonniers. Libéré comme moi en aout 1941, il entra dans la résistance à Boulogne, fut arrêté et disparut ceci dit en passant pour le souvenir de ce collégue.

Comme de coutume, après le déroulement des exercices, il y eut le rassemblement des officiers pour la critique des opérations des diverses unités. Les anciens de 1914 - 1918 (ceux de 14-18) n'étaient pas de l'avis des plus jeunes. Un exemple pour moi même...

lundi 24 septembre 2007 15:38


Ma section...

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Avec ma section de mitrailleuses, je reçus l'ordre d'occuper un carrefour de routes. Je me suis placé bien en avant en objectant que cet endroit serait inévitablement bombardé dans la réalité. Un camarade, le capitaine CECALDI, rentrant de SYRIE développa aussi ses arguments sur les directives données.
Bref, tout s'arrangea par une invitation à l'apéritif du Lieutenant Colonel, réserviste également.


Pendant cette période, j'ai suivi des cours théoriques et pratiques sur le canon de 25 antichar. Le Directeur en était le Capitaine ATCHE, (originaire des Flandres) classé premier observateur d'aviation de la dernière guerre, il m'emmenait en side-car par terrain humide et glissant jusqu'aux cibles pour relever les résultats des tirs.


En 1938, la D.A.T. (défence aérienne du territoire) se développe. En effet je me rends pour le 23 Septembre à DUNKERQUE, caserne JEAN-BART où je suis affecté à la 1ère section de la 1ère compagnie de D.A.T. étant adjoint au lieutenant HEDUY. Le Capitaine ROMPAIS, originaire d'HARNES (Pas de Calais) commande cette compagnie.


La section est en position devant les ateliers de Constructions navales ZIEGLER, Lieu dit "LA COURTINE", sur la digue longeant les Glacis à la limite de MALO-les-BAINS.


Le 4 Octobre, la mission est terminée pour tous. A mon retour à Auchy, j'ai donc commencé l'année scolaire en retard mais dans mon cas, un congé est accepté d'office.


En 1939, nouvelle convocation pour une période du 12 au 23 avril, pendant les vacances de Pâques. Cette fois je prends le commandement de la 2ème Section de cette 1ère compagnie de D.A.T. stationnée à COUDEKERQUE-BRANCHE, dans une usine de conserves de petits pois où les hommes logent.


Dans la petite ferme à proximité, j'ai une chambre exiguë où pénétrent les odeurs particulières des animaux, mes voisins...
Pour me déplacer, je dispose d'une voiture, une Peugeot, réquisitionnée dont la batterie tomba un jour en panne alors que je me rendais à DUNKERQUE.
Selon les instructions reçues, je fais exécuter les différents exercices se rapportant à la manoeuvre des pièces.

A ma grande surprise, à part les sous-officiers, quelques hommes seulement connaissaient la mitrailleuse 13/2. Les autres n'avaient reçu aucune formation.

Premier signe de la drôle de guerre qui va suivre...

lundi 24 septembre 2007 16:06


LA MOBILISATION DE 1939

Blog de droledeguerre :Ma seconde guerre mondial, LA MOBILISATION DE 1939

Cette fois, le 6 septembre, ce ne sera plus pour une période. A minuit, un gendarme de la brigade d'AUCHY-les-HESDIN me réveille pour m'annoncer que je suis rappelé aux armées par mesure spéciale. La mobilisation suivra par fractions d'appelés.
Je souffrais alors d'une entorse d'un genou. Je ne pouvais rejoindre mon unité que j'ai alors prévenue. En suite, un médecin major d'ARRAS, vint me visiter ce jour 16 septembre où ma cantine (petite malle) était faite. Je me préparais à partir par le premier train, le lendemain.


Arrivé à DUNKERQUE, caserne JEAN-BART, je reçois comme affectation "Adjoint au commissaire de police".

Mon P.C. (Poste de commandement) sera le sous-sol de l'Hôtel de Ville avec une dizaine d'hommes. Je participe alors aux opérations nocturnes à DUNKERQUE - Saint-POL-sur-MER - ROSENDAEL - MALO. Dans cette dernière ville, roulant en voiture sur la digue avec le commissaire, je perçois le premier un : "HALTE-LA!"....."Arréte" criai-je au chauffeur. C'était une sentinelle dans la dune, prête à nous tirer dessus.


Le 10, je quitte ce service et suis détaché à l'intendance où je contrôle les états de gestion des Compagnies cantonnées dans le secteur. Quelques unes sont commandées par des collègues de l'enseignement ; entre autres : DEMAILLY & BECART, des Boulonnais.
Les services de l'intendance sont dirigés par le Colonel PRUVOT, avocat à LILLE. J'y ai fait la connaissance du capitaine REISENTHEL, avocat à BOULOGNE, que je retrouverai en arrivant en retraite à Saint-MARTIN.


Le 10 octobre 1939, je quitte l'intendance et passe à la 1ère Cie de D.A.T. (Capitaine ROMPAIS) comme chef de la 2ème Section en position dans les dunes de MARDYCK, non loin du terrain d'aviation du même nom. Je rejoins mon poste par Saint POL-Sur-MER, la station des pétroles, le bastion OUEST, occupé par une batterie d'artillerie de D.C.A. (contre avion), actuellement à cet endroit, s'élève la cokerie d'USINOR.
Plus loin, sur le petit chemin, je trouve un baraquement qui est mon P.C. avec la cuisine de la section. Les honnnes sont logés dans les bâtiments de la ferme HULLEU, en face.
J'y rencontre mon intime camarade de 14 - 18, Marcel BUISSART, aperçu dans un camion à DUNKERQUE, quelques semaines auparavant. Joyeuses retrouvailles malgré les circonstances. Il est Caporal et sera renvoyé dans ses foyers le 1er Avril 1940, ayant trois enfants.


J'ai une chambre à la ferme ci-dessus, isolée au milieu des champs et des prés. Mon ordonnance, le brave LAURENT, d'origine flamande, m'y apporte ma part du repas préparé par les deux "cuistots" de la section. Ces derniers ont bien ri à la communication d'une circulaire ayant pour titre : "comment faire cuire le riz" comme si c'était une denrée nouvelle...
Le ravitaillement arrive par camion selon la demande du caporal d'ordinaire -LAURIE- un Dunkerquois. En plus il se charge de développer les photos prises au cours des diverses opérations de la section : car c'est bien monotone !


La drôle de guerre débute...

lundi 24 septembre 2007 19:14


LE TEMPS PASSE COMMENT ?

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Le sergent-chef, PINTEAU, mon adjoint de la garde mobile (maintenant C.R.S.) entretient amoureusement son arme, un mousqueton. Il eut un jour une surprise en voyant arriver un motard. C'était son camarade BAUCHET qui en 1945 fut nommé gendarme à AUCHY et que j'ai reconnu alors.


Le sergent DELAHAYE, un Dunkerquois passe son temps à dresser un chien "MICKEY", avec lequel il fait ses rondes de surveillance aux pièces. Puis il apprivoise une pauvre mouette recueillie sur la plage avec les ailes engluées de goudron; (déjà la pollution) !


L'autre sergent, GOETGHELUCK, était originaire de la région d'HAZEBROUCQ.
Les hommes jouent aux cartes le jour, pendant leur temps de repos qui coupe les heures de garde aux pièces. Des permissions de 48 Heures, sont accordées, deux hommes à la fois. Pour cela j'avais un problème : les tenues n'étaient pas toujours en bon état et les hommes tenaient à être habillés au mieux.

Alors, autant que possible, j'établissais un tour de permissions selon la taille : un grand remplaçant un grand, un petit remplaçant un petit.
En liaison avec la batterie de 75 de D.C.A., en position près du fort de MARDYCK, j'ai entretenu le Capitaine de cette situation, il m a signalé qu'un stock d'uniformes existait dans une caserne de LILLE, où l'on combattait... "les mites". Un capitaine veillait à l'entretien des tenues.
Par la suite, après un voyage qu'il fit à LILLE, il m'a fait parvenir deux tenues. J'ai aussi profité de permissions de 24 heures, pour lesquelles le sergent-chef PINTEAU prenait le commandement de la section. Le trajet était long par HAZEBROUCK - BETHUNE - St POL-sur- TERNOISE - quelle cohue dans cette gare de St POL à cause des changements de trains, et aussi beaucoup de permissionnaires.


Je faisais parfois route avec mon ami le lieutenant Maurice MOREL à qui j'avais remis la croix de la Légion d'Honneur en 1938. Je le quittais à HAZEBROUCK car il avait le commandement d'un groupe de travailleurs dans ce secteur. On prolongeait la ligne MAGINOT, sur la frontière belge. Il était temps...


Lors d'un retour de permission, il m'est arrivé une agréable surprise. En gare de BRIAS est monté dans le compartiment, un soldat se déclarant habitant LOZINGHEM. Je me rappelle alors une suppléance d'instituteur que j'y ai faite en 1912. Je lui demande son nom, il me répond "RICHIR", marié avec la fille de l'instituteur. C'était un ancien élève dont je me rappelais la turbulence et la correction qu'il reçut de son père, un mineur, quelques coups de ceinture sur les mollets.


Revenons à MARDYCK, où il y eut un incident. Le secteur était calme, sans alerte. Les rondes de nuit comme de jour se faisaient par les sous-officiers et moi-même. Or, au cours de l'une des rondes de nuit, il m'est signalé l'absence d'un homme de garde.
Dans la journée suivante, par une petite enquête, j'apprends qu'il s'est rendu dans sa famille à GRANDE-SYNTHE, si je me souviens et qu'il a été renversé par une voiture. D'où recherches dans tout le secteur. Or, on le découvre à l'hôpital.

lundi 24 septembre 2007 19:20


L'affaire est grave.

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Je signale tout de suite cet abandon de poste par un rapport au capitaine ROMPAIS. Une sanction est demandée au commandant ZIEGLER.
Mais il y eut une intervention civile pour annuler le dossier, car au bout de quelques jours, j'ai vu revenir cet homme à la section. Il se présenta dans une attitude de fierté, ayant bravé la discipline. Que pouvais-je dire ? que pouvais-je faire.

Après réflexion, quand il fut de garde à son tour, je lui ai parlé ainsi :

"Je veux bien ne plus penser à cette affaire et tous deux repartons du même pied, mais à la prochaine faute, j'exigerai votre mutation pour HAZBBKOUCK, par exemple".


Un autre cas, conséquence du recrutement régional (près du domicile). Un jour, j'entends cette déclaration d'un homme, maraîcher du coin :

"on ne m'empêchera pas de faire mon marché"...
Que pouvais-je répondre ? J'étais dans l'obligation d'accepter comme dans le cas de ceux des hommes habitant les environs proches qui s'absentaient en dehors de leur temps de service.


C'était des signes de la drôle de guerre jusqu'en MAI 1940.


Le même esprit régnait dans l'appareil militaire. Ainsi, par la liaison téléphonique avec le P.C. de DUNKERQUE, un jour j'appelle, suivant le code secret, un poste désigné "CAROLINE". On me répond :

"C'est COUDEKERQUE que vous voulez ?" - on devine mon étonnement...


Autre étonnement : une unité d'infanterie venant des premières lignes de l'Est et au repos dans la région dunkerquoise, se présenta. Elle devait effectuer des tirs au fusil dans le secteur. Ma section reçut l'ordre d'assurer le service sentinelles de protection.


Faisant une tournée de contrôle, j'ai rencontré un homme de garde près de quelques motos de la marque : GILLET. Ce qui a retenu mon attention, comme la tenue usagée de ce jeune soldat du contingent : pantalon troué aux genoux, veste élimée, chaussures éculées.

"Alors, lui dis-je, on ne vous remplace pas tout cela ? - Non il n'y en a pas parait-il" m'a t-il répondu. Je ne pouvais y croire. Quel contraste avec le poilu bien équipé de 14-18, à la fin de la guerre.

mardi 25 septembre 2007 16:22


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